mes amours et peut-être mes haines

Les Premiers, de Xabi Molia – Superdupont, la preuve !?

Un super-héros françaisétrange alliance, oxymore monstrueux, non ?

Pourquoi : trop rationnalistes, les fans du béret basque (la faute à Descartes !) ? ; trop élégants – champagne oblige- pour apprécier le slip moulant collé sur des bas élastiques ?

Ou tout simplement trop déprimés ? C’est prouvé, c’est connu, c’est un fait : nous sommes les champions de l’anxiolytique et de l’antidépresseur. Comment des dépressifs chroniques qui détestent tout, et surtout eux-mêmes, pourraient se la jouer héros ? Alors, super-héros, n’en parlons pas. N’y a qu’à voir nos lendemains de coupe du monde : même les éboueurs y allaient de la sciatique dans le bassin pour se pencher ramasser les lendemains de fanions et de bière.

Alors, les Premiers (super-héros français – les monstres !), forcément, ne font pas l’unanimité dans la Métropole !

Un beau jour, pourtant, on en a 7 – comme les mercenaires. D’un coup, comme ça ! Super rapides, balaises, prescients, et tutti quanti.

L’origine de leurs super-pouvoirs ? inconnue : un véritable mystère pour nos services secrets de l’Etat qui voudraient bien fabriquer du Maximus Gallus à tout va.

Justement, ce caractère mystérieux de l’origine des pouvoirs de nos impétrants extraordinaires va nouer les fils de l’injuste Nemesis sauce gauloise : politiques (chauvinisme mesquin, communautarisme aigri et patriotisme à courte vue seront assurés par les services de l’Etat) ; mystiques (une religion à la sauce gauloise pourrait naître – mais forcément, version un peu anar-punk) ; existentiels (crises de la quarantaine, du couple, de soi, tout y va).
Ce qui permet une superbe synthèse – sans révélation, mais assez sentie- du mal-être gaulois.

Le parti-pris journalistique de l’auteur – très bien réalisé – sert la dimension enquête prospective sociale du roman. Chacun des personnages semble tiré d’un panel sociologique imageant les français et le destin de chacun bien vu.

Malheureux le pays qui a besoin de héros, ou quelque chose comme ça ! (Galilée dixit, Brecht scripit !

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