mes amours et peut-être mes haines

Les initiés : une satire assez bien sentie de l’alliance monstrueuse de la finance et de la politique

Le livre commence sur le suicide d’une femme, se jetant du haut de Bercy, berceau des finances publiques. Elle travaillait aux Finances, elle avait disparu depuis plusieurs années, et tout le monde la croyait morte.

A partir de là, une toile de fond politico-financière est tissée exhibant – de façon assez documentée- les liens malsains ayant existé et existant entre le monde de la finance et celui de la politique.

Un livre qui s’inscrit donc dans la mouvance du thriller à charge et documenté, sauce grecque ou suédoise.

Sauf que le choix de « l’enquêteur », assez pertinent, donne une dimension de tragédie à tout cela : lui-même faisant partie de la petite bande des énarques, se trouve enfoncé dans un merdier intime. La duplicité est partout, les déchirures sans nombres et les coupables innocents. Ou avec assez de mauvaise foi pour se croire vraiment de bonne foi : sauver les banques en 2008, c’était vraiment sauver la France. Malgré la veulerie des uns et le ploutocratisme des autres, comment croire le contraire ?

Ce n’est pas la progressive dérégulation des banques contemporaines qui semble donner tort à l’auteur.

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Extrêmement fort & Incroyablement près ou le bizarre incident de la clé perdue

Bon. Depuis le 11 septembre, on peut se demander si les jeunes romanciers américains (Marisha Pessl, Dona Tartt, etc.) n’ont pas adopté le postulat de « l’enfant surdoué et inadapté qui en a gros sur la patate » comme nouvelle forme d’idiotisme autorisant le lyrisme – que tout le monde sait condamné depuis belle lurette. Les sentiments poignants provoqués par des situations terribles -comme « j’ai perdu mon papa ou ma maman dans des circonstances atroces », c’est quand même de l’accroche-coeur un peu trop facile.
Pouvoir dire tout son mal-être d’une manière absolument tordue, singulière et très cultivée (pas moins d’une référence pointue et wikipédesque par page) : heureusement qu’il y a les enfants surdoués presque autistes !

Bon – encore une fois ! Je caricature un poil. Mais, un poil de nez, alors. Et encore.

Ainsi, Oskar Schell, qui est le narrateur d’une bonne partie du roman, a une histoire familiale plutôt compliquée – et dont il ne perçoit que le sommet de l’iceberg. Son père a disparu lors des attentats du 11 septembre. Le hic dans l’horreur, c’est que l’enfant avait le malheur d’être à la maison lorsque son père tentait de joindre la famille pour les rassurer – au milieu des flammes. Et l’enfant n’a pas pu répondre. Pas eu la force. Plus tard, il trouve une clé dans un vase : son père avait-il un secret ? La dite clé se trouvait dans une enveloppe portant le simple mot « Black ». Mais avec une majuscule : un nom propre ? De qui ? Seul un enfant un peu autiste peut rapidement recenser le nombre de Black habitant New-York. Et se lancer dans l’incroyable quête de la bonne personne.

A partir de là, c’est une odyssée découvrant les fêlures des hommes et des femmes peuplant New-York assez pleine de bons sentiments: tout le monde il est blessé, tout le monde il est en quête d’amour. Même sa grand-mère, qui, elle-même, a vécu ses propres drames quelque part en Allemagne, année zéro.

Et c’est une incroyable machine travaillant la difficulté de communiquer qui s’enclenche : ratures, conversations codées, ellipses… Autant d’expérimentations livresques confirmant la difficile communication des êtres. Après tout, le petit n’a pas osé décrocher.

Bon. Un peu plein de bon sentiments… La preuve : Tom Hanks est de la partie dans l’adaptation.

Et en même temps : ça peut faire tellement de bien, les bons sentiments.
Alors, si vous en cherchez, simples, assez « humains » au sens plat du terme, et avec une composition maline – empruntez les sentiers tortueux de ce roman qui recomplique le roman mièvre.

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Les Premiers, de Xabi Molia – Superdupont, la preuve !?

Un super-héros françaisétrange alliance, oxymore monstrueux, non ?

Pourquoi : trop rationnalistes, les fans du béret basque (la faute à Descartes !) ? ; trop élégants – champagne oblige- pour apprécier le slip moulant collé sur des bas élastiques ?

Ou tout simplement trop déprimés ? C’est prouvé, c’est connu, c’est un fait : nous sommes les champions de l’anxiolytique et de l’antidépresseur. Comment des dépressifs chroniques qui détestent tout, et surtout eux-mêmes, pourraient se la jouer héros ? Alors, super-héros, n’en parlons pas. N’y a qu’à voir nos lendemains de coupe du monde : même les éboueurs y allaient de la sciatique dans le bassin pour se pencher ramasser les lendemains de fanions et de bière.

Alors, les Premiers (super-héros français – les monstres !), forcément, ne font pas l’unanimité dans la Métropole !

Un beau jour, pourtant, on en a 7 – comme les mercenaires. D’un coup, comme ça ! Super rapides, balaises, prescients, et tutti quanti.

L’origine de leurs super-pouvoirs ? inconnue : un véritable mystère pour nos services secrets de l’Etat qui voudraient bien fabriquer du Maximus Gallus à tout va.

Justement, ce caractère mystérieux de l’origine des pouvoirs de nos impétrants extraordinaires va nouer les fils de l’injuste Nemesis sauce gauloise : politiques (chauvinisme mesquin, communautarisme aigri et patriotisme à courte vue seront assurés par les services de l’Etat) ; mystiques (une religion à la sauce gauloise pourrait naître – mais forcément, version un peu anar-punk) ; existentiels (crises de la quarantaine, du couple, de soi, tout y va).
Ce qui permet une superbe synthèse – sans révélation, mais assez sentie- du mal-être gaulois.

Le parti-pris journalistique de l’auteur – très bien réalisé – sert la dimension enquête prospective sociale du roman. Chacun des personnages semble tiré d’un panel sociologique imageant les français et le destin de chacun bien vu.

Malheureux le pays qui a besoin de héros, ou quelque chose comme ça ! (Galilée dixit, Brecht scripit !

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Attention roman plein d’éclats !

Des pépites mêmes !

Sacha, une ancienne fan de groupes de rocks reconvertie cleptomane honteuse a-t-elle raté sa vie à cause d’un drame de jeunesse ? La réussite professionnelle de Bennie le producteur aurait-elle tué en lui toute force de vie rock’n roll ? La Rock’n Roll attitude : voie directe vers l’Enfer, ou seule planche de Salut ? C’est le sens même d’un courant profond du messianisme individualiste américain qui est creusé dans ce roman, kaléidoscope éclaté d’une dizaine de courts récits, assez rondements menés pour être de vraies nouvelles.
Avec ce livre, Jennifer Egan livre tout ce que j’aime dans le roman choral américain – voir Olive Kitteridge, d’Elizabeth Stroutt, notamment, même si un allemand comme Daniel Kehlmann se débrouille pas mal avec son très sympathique Gloire.
– La saveur incomparable de la complexité de l’individu à l’occidentale, si divisible, pluriel, fluent, et multi-facettes. On prend un personnage, deux, trois, et on raconte différents moments de leur vie, de différents points de vue – le leur, et celui de proches ou d’étrangers.
– L’insaisissabilité de nos destins. Notre vie est un kaléidoscope dont l’unité fait tellement défaut, apparemment. Quel lien entre les vies de Sacha, de Bennie ? Et cependant, un fil se révèle, assez messianique, certes, genre la rédemption n’est jamais bien loin si on prend soin de sa famille. La question est posée simplement avec Sacha : les fautes de notre passé peuvent-elles nous détruire (mais vraiment : au point qu’elle compile sur elle une sacrée collection de déveines et déboires de Rolling Stone à la Dylan, je vous laisse découvrir) ou être la voie d’une rédemption profonde ?
– La variété incroyable des formes littéraires, de la classique petite nouvelle à la troisième ou première personne au montage incroyable de PDF à première vue assez désoeuvrant, et qui finalement fait incroyablement œuvre – avec un lyrisme fou, capables de livrer les tourments et déboires d’un adolescent aussi singulier que mal dans sa peau – après tout, il est carrément addict à la mesure précise de la durée silences dans les morceaux rocks !
Certes, dans ces montages, le lecteur peut se perdre, et je comprends certains avis s’agaçant d’un cut en plein climax narratif qui enlève la satisfaction de trouver une conclusion, une explication, un sens. Mais je préfère infiniment ces œuvres ouvertes et fragmentées à la transposition à la française un peu trop plan plan d’une Virgine Despentes (Vernon Sullivan, pour ne pas le citer) par exemple. Genre « Chapitre impair : Point de vue narcissique sur lui du personnage stéréotype (un facho, une vieille frigide coincée du c., etc.) » / « chapitre pair : Point de vue de Vernon sur le personnage, grand révélateur de la grande vérité satiriquement minable du pauvre type / de la vieille peau, etc. ».
Oui : pour moi, c’est salutaire, de savoir se perdre, errer, tenter de recoller les morceaux, avoir à imaginer des suites et explications.

parution

Contribuez !

Un jour, un gentil petit cadre américain (appelons-le Doug) qui offrait ses doughnuts à la cantonade qui se régalait, se dit :
1- Mes doughnuts sont vraiment bons ;
2- Mes collègues sont sympas et assez honnêtes (pour la plupart);
3- Alors, pourquoi ne pas… proposer une petite panière bien mignonne remplie de doughnuts, poser une bonbonnière tout aussi mignonne à côté, et laisser chacun verser dedans ce qu’il pensait être le juste prix ?

Syllogisme parfait, mon Doug !
Certes, la variété de l’espèce humaine est ainsi faite que, parfois, la bonbonnière était tout aussi vide que le panier (les doughnuts étaient quand même sacrément délicieux). Mais tout de même, la plupart du temps, le gentil petit Doug trouvait de quoi se contenter dans sa bonbonnière, au point de pouvoir même arrêter sa carrière alimentaire et se lancer dans un business culinaire pur jus.
Pas de bonbonnière ici, mais Crazy Crassy est bon : téléchargez-le librement. Prenez le temps de le savourer. Et à la fin du livre, trouvez quelques liens vers la boutique pour verser votre écot selon votre goût et vos moyens : vous y trouverez Crazy Crassy à différents tarifs, mais aux mêmes formats (mobi, epub). Ou tout simplement abandonner un gentil petit commentaire. Ou une contribution spirituelle qui pourrait nourrir le tome 2 des aventures de nos trois héros, pourquoi pas !

Crazy Crassy, en intégralité !
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Un jour, un gentil petit cadre américain (appelons-le Doug) qui offrait ses doughnuts à la cantonade qui se régalait, se dit :
1- Mes doughnuts sont vraiment bons ;
2- Mes collègues sont sympas et assez honnêtes (pour la plupart);
3- Alors, pourquoi ne pas… proposer une petite panière bien mignonne remplie de doughnuts, poser une bonbonnière tout aussi mignonne à côté, et laisser chacun verser dedans ce qu’il pensait être le juste prix ?

Syllogisme parfait, mon Doug !
Certes, la variété de l’espèce humaine est ainsi faite que, parfois, la bonbonnière était tout aussi vide que le panier (les doughnuts étaient quand même sacrément délicieux). Mais tout de même, la plupart du temps, le gentil petit Doug trouvait de quoi se contenter dans sa bonbonnière, au point de pouvoir même arrêter sa carrière alimentaire et se lancer dans un business culinaire pur jus.
Pas de bonbonnière ici, mais Crazy Crassy est bon : téléchargez-le librement. Prenez le temps de le savourer. Et à la fin du livre, trouvez quelques liens vers la boutique pour verser votre écot selon votre goût et vos moyens. Ou tout simplement abandonner un gentil petit commentaire. Ou une contribution qui pourrait nourrir le tome 2 des aventures de nos trois héros, pourquoi pas !

Crassy, cité dortoir pourrie, où il ne fait pas bon se promener le soir, que ce soit dans ses parkings sordides, ses ruelles à péripatéticiennes ou les caves tordues de son hôtel de ville…

   Un objet magique dérobé, traqué par des gangs aussi féroces qu’hystériques…


   Des lascars pas très futés, des politiciens plus que véreux, quelques violentes créatures pas trop naturelles, un agent secret néophyte et trois héros improbables, tourmentés par un passé douloureux, sont à la poursuite d’un cube de bois énigmatique pour lequel on saigne à fond… 


   Un thriller épique et déjanté dans lequel le sort de la lie de l’humanité se joue.

Crazy Crassy en free access ici ! (formats EPUB et MOBI)

N’hésitez pas à demander un autre format, si besoin !

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